
Au Québec, une installation septique neuve suit toujours le même parcours : une étude de caractérisation du site réalisée et signée par un professionnel, un permis délivré par la municipalité, des travaux exécutés par un entrepreneur conformément aux plans, une inspection, puis le remblai. Le permis doit être obtenu avant le début des travaux. Chez Wilfrid David, à Chénéville, nous réalisons l'excavation et l'installation de fosses septiques et de champs d'épuration en Petite-Nation. Voici les étapes d'un projet, accompagnées des exigences du règlement à chacune d'elles.
Première étape : communiquer avec la municipalité
La municipalité applique le Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (Q-2, r. 22). Elle délivre le permis et peut avoir ses propres exigences. Nous recommandons de communiquer avec l'inspecteur municipal ou l'officier en environnement avant d'engager des frais. Il pourra vous indiquer les documents à fournir et l'ordre des démarches.
Si vous envisagez l'achat d'un terrain vacant, faites cette démarche avant de signer. Le ministère de l'Environnement le rappelle dans son dépliant destiné aux citoyens : tous les terrains ne peuvent pas recevoir une installation septique conforme, et l'étude de sol peut conclure qu'une installation est impossible. Il est préférable de le savoir avant l'achat.
L'étude de caractérisation du site
Le « test de sol », selon l'expression courante, correspond dans le règlement à une « étude de caractérisation du site et du terrain naturel ». Selon l'article 4.1, elle doit comprendre la topographie du site, la pente du terrain, le niveau de perméabilité du sol, la profondeur du roc, de la nappe d'eau et des couches de sol peu perméables, ainsi que tout élément pouvant influencer l'emplacement du système. Des sondages sont réalisés sur le terrain, souvent à la pelle mécanique ou à la tarière.
Pour une résidence isolée, l'article 4.3 exige que l'étude soit signée par un professionnel au sens du Code des professions dont l'ordre régit cette activité. Le ministère cite en exemple l'ingénieur, le technologue et le géologue. Une exception s'applique : si le système retenu est un filtre à sable hors sol, ou un champ de polissage dans un sol imperméable, l'étude doit être signée par un membre de l'Ordre des ingénieurs ou de l'Ordre des géologues, et le plan de localisation par un ingénieur.
Le professionnel prépare également un plan de localisation à l'échelle. Les distances y sont mesurées avec précision, puisque le règlement impose des distances minimales (article 7.2). La partie non étanche du système, le champ, doit notamment se trouver à au moins 15 m d'un lac ou d'un cours d'eau et à 2 m de la limite de propriété. Par rapport à un puits, la distance varie de 15 m à 30 m selon le type de puits. Sur un petit terrain riverain, ces distances déterminent l'emplacement possible de l'installation.
Nous vous recommandons d'être présent lors des sondages. Le professionnel vous interrogera sur vos projets, comme l'ajout d'un garage ou d'une chambre. Le nombre de chambres à coucher sert en effet à dimensionner la fosse et le champ.
La demande de permis
Une fois l'étude et le plan obtenus, la demande est déposée à la municipalité. L'article 4.1 en précise le contenu de base : vos coordonnées, la désignation cadastrale du lot, le nombre de chambres à coucher, l'étude de caractérisation et le plan de localisation. L'article 4 est clair : le permis doit être obtenu avant d'entreprendre les travaux. Votre municipalité peut exiger d'autres documents ou des frais; renseignez-vous auprès d'elle.
Les travaux d'installation
Le ministère rappelle que seuls les entrepreneurs titulaires de la sous-catégorie de licence RBQ 2.4, « Entrepreneur en systèmes d'assainissement autonome », peuvent légalement réaliser ces travaux. Le registre des licences est accessible en ligne sur le site de la Régie du bâtiment du Québec. La licence de Wilfrid David (RBQ 1842-2873-08) comprend la sous-catégorie 2.4.
Sur le chantier, les travaux suivent les plans du professionnel : excavation, mise en place de la fosse, préparation du lit, pose des conduites et aménagement du champ. Si le sol rencontré diffère de celui décrit dans l'étude, par exemple un roc moins profond ou la présence d'eau inattendue, l'entrepreneur doit en aviser sans délai le professionnel et la municipalité.
De votre côté, dégagez la zone des travaux de tout ce qui pourrait nuire ou être endommagé. Si l'installation comporte des composantes électriques, le raccordement est confié à un électricien.
L'inspection, l'attestation de conformité et le remblai
Une précision importante s'impose. Le Règlement Q-2, r. 22 n'impose pas lui-même de certificat de conformité après les travaux pour une résidence. Certaines municipalités exigent toutefois une attestation de conformité, et le ministère recommande fortement de la demander même lorsqu'elle n'est pas obligatoire, afin de protéger le propriétaire. Pour la délivrer, le professionnel doit inspecter les travaux. Convenez à l'avance avec lui du moment de sa visite, idéalement avant que les composantes soient recouvertes. Votre municipalité vous indiquera si elle l'exige.
Le remblai et le terrassement sont réalisés ensuite. Avant la mise en service, le ministère recommande de remplir la fosse septique d'eau claire au moins aux deux tiers de sa hauteur. Si votre installation comprend un système de traitement certifié selon la norme NQ 3680-910, vous devez détenir un contrat d'entretien en tout temps et en remettre une copie à la municipalité (article 3.3). Conservez l'ensemble des documents : étude, permis, plans et attestation. Ils pourront vous être demandés par un acheteur ou par la municipalité.
Quand faire appel à un professionnel
Communiquez avec nous dès que vous envisagez de construire ou de remplacer une installation septique, avant même l'étude de caractérisation : nous pouvons vous expliquer les étapes, puis réaliser l'excavation et l'installation selon les plans du professionnel. Les détails se trouvent sur nos pages système septique et excavation. Joignez-nous au 819-428-3161. Si votre préoccupation concerne une installation existante, consultez d'abord notre article sur les signes d'un champ d'épuration en fin de vie, puis celui sur la fréquence de vidange pour assurer un bon entretien.
Classé dans Système septique · Excavation


